Lettre d’une mam’ange

Mon cher petit ange,

Quand je pense à toi, je ne peux retenir mes larmes, coulant le long de mes joues.
Ce sont les quelques souvenirs de ces moments précieux à tes côtés qui remontent à la surface…
Le bonheur de t’avoir serré contre mon cœur mêlé à la douleur de t’avoir perdu à jamais rendent mon ressenti confus, empreint d’une douce nostalgie et d’une immense peine.

Mon ange, lorsque j’ai appris que tu grandissais en moi, j’ai été la plus heureuse des femmes. Enfin, après tant d’épreuves, tu étais là et semblais bien logé. Je t’ai tout de suite aimé plus que tout. Et je n’avais qu’une hâte : te rencontrer.
Mais je prenais le temps de savourer ces instants magiques où je te portais en moi, où je te sentais te mouvoir, où toi et moi ne faisions qu’un. Je pouvais enfin goûter à cette fusion totale entre une maman et son enfant. Que la nature avait bien fait les choses !

Souvent, je fermais les yeux et m’imaginais à quoi tu pourrais ressembler lorsque tu serais là : aurais-tu le beau sourire de ton père ? Hériterais-tu de mes grands yeux ?
Quoiqu’il en soit, je le savais, tu serais magnifique.

Mon petit ange, quand nous avons su que tu serais un petit garçon, ton papa était fou de joie. Il me disait tout le temps qu’il t’emmènerait au foot avec lui. J’étais tellement contente de vous imaginer proches et complices. Cela ne faisait que m’impatienter plus encore, pressée de te serrer contre moi. Souvent, avec ton papa, nous imaginions les milliers de choses que nous pourrions faire tous les trois.

Ma grossesse s’est passée sans encombre, chaque jour me rapprochant un petit peu plus de notre rencontre. Le scénario, je l’avais visualisé des millions de fois dans ma tête : ton premier cri, notre premier câlin, ta première tétée,…
Des images du futur bonheur qui nous attendait envahissaient sans cesse mon esprit, rendant l’attente toujours plus longue.
Je t’avais tellement désiré, et cela avait été si difficile pour nous de t’avoir. Je croyais à peine à la chance que j’avais de te bercer dans mes entrailles.

Mon ange, l’avenir semblait enfin me sourire. J’avais en moi ce que j’avais toujours désiré au plus profond : toi.
Il ne me restait plus que 24 heures maximum, et tu serais enfin dans mes bras. J’avais hâte.

La veille de la date tant attendue, je me suis rendue à la maternité pour un contrôle de routine. Les médecins se sont aperçus que le cordon était enroulé autour de ton cou et ont préféré me garder. Finalement, les contractions et le travail ont commencé quelques heures plus tard. Un cordon enroulé autour du cou d’un bébé semblait banal, alors je ne me suis pas inquiétée outre mesure.
Evidemment, je craignais pour ta santé, mais l’équipe médicale a réussi à me rassurer et je suis restée concentrée sur l’accouchement.
Ton père m’a rejoint et le travail a commencé. J’ai poussé de toutes mes forces, dans la souffrance. Mais tant pis, à ce moment-là je ne pensais qu’à notre rencontre et le reste n’avait plus d’importance.

Mon amour, lorsque tu es sorti, tu étais tout bleu. Je me suis mise à trembler, à pleurer, à t’appeler. Mais on ne m’a pas laissé le temps d’en savoir plus et on t’a emmené en réanimation, me laissant avec mes questions et ma peur.
Lorsque l’on t’a posé sur moi peu après, il était trop tard. La douleur a envahi tout mon être, tout mon corps et tout mon cœur de maman.
Je n’avais jamais imaginé qu’un être humain puisse ressentir pareille souffrance. La perte de son enfant est la plus atroce douleur imaginable…

Mon petit ange, je suis restée des heures à te serrer contre moi, ton corps restant inerte. Ton père te tenait la main, étouffant ses sanglots.
On m’a dit que lorsque je serai prête, il me faudrait te dire au revoir.
Une maman n’est jamais prête à dire au revoir à sa progéniture, à la chair de sa chair… Je n’étais définitivement pas prête, pas préparée à vivre pareille perte. Je voulais rester ainsi contre toi jusqu’à la fin de mes jours. Comment peut-on séparer un enfant de sa maman ? Tu avais besoin de moi, j’en étais convaincue…

Il m’a fallu faire un effort surhumain pour te faire mes adieux, me décider à te quitter pour ne plus jamais revoir ce si beau visage.
Mon ange… tu avais un petit sourire sur tes lèvres qui me faisait penser à celui de ton père, tu avais l’air serein, comme si nous t’avions donné assez d’amour et de confiance pour que tu puisses t’envoler parmi les anges et veiller sur nous, de tes yeux qui paraissaient ressembler aux miens.

Mon ange, tu es le plus grand amour que je n’ai jamais connu. Jamais tu ne quitteras mon cœur. Tu es et resteras toujours mon premier fils, celui qui m’a rendue mère.
Je t’aime à l’infini et à travers toutes les galaxies. Où que tu sois, viendra le jour où je te retrouverai et où enfin nous profiterons de ces instants qu’une maman et son fils doivent vivre à deux.

Je t’aime,
Ta mam’ange

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