Lettre d’une maman nature

Chère nature,

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit. Manque d’inspiration un peu, manque de temps surtout…

Mais ce matin, j’ai eu envie d’écrire (encore) sur le bonheur quotidien que m’apporte la maternité.

Aujourd’hui, je voudrais aborder le sujet sous l’angle de la « nature ».
Car depuis que je suis devenue maman, je me suis beaucoup rapprochée de la nature. Comme si devenir mère m’avait fait prendre conscience de l’environnement, et ramenée au rang d’animal.

En fait, depuis que j’ai donné la vie, je ne me qualifie plus en tant qu’humaine, mais véritablement en tant qu’animal. Car c’est ce qui a pris le dessus, et ce ressenti d’être animal était d’autant plus fort, plus présent, les premiers mois de vie de mon fils, avant que je ne reprenne le travail.

Je n’ai pas « choisi » d’adopter une éducation bienveillante, d’allaiter, de porter, de faire du cododo…C’est mon instinct animal qui l’a fait pour moi.
Telle une lionne, je me sens à l’affût, à tout moment, prête à protéger mon mini-moi.

La nuit, le moindre bruit me réveille, et je suis prête à bondir sur l’ennemi, vérifiant toujours que ma progéniture est en sécurité.

Lorsque mon mini tète, c’est un sentiment de bien-être extrême qui envahit tout mon corps, faisant de moi la femme la plus heureuse du monde.

D’ailleurs, l’allaitement a été la première cause de cette vision animale de la maternité. Quand on se renseigne un peu sur le sujet, ce n’est pas étonnant. L’allaitement, ce qu’il y a de plus naturel et sain pour le bébé, permet à la maman de se rendormir instantanément la nuit (offrant donc la chance de récupérer plus facilement que la normale), mais aussi de se réveiller face à tout bruit qui ne serait pas normal (instinct de protection de son bébé). De plus, le lait peut s’utiliser sur une plaie comme désinfectant, dans le bain contre la sécheresse de la peau, dans le nez pour décongestionner, via la tétée comme médicament naturel… Bref les possibilités semblent infinies, naturelles et tellement douces….

L’accouchement aussi, avec le recul, nous ramène à l’état d’animal. On a beau accoucher dans des maternités et donner la vie de façon surmédicalisée, personne ne peut pousser pour nous, et nous le faisons comme tous les animaux femelles le font. Nous nous battons contre nous-même pour faire vite et bien malgré la douleur, et donner vie à notre bébé dans les meilleures conditions, sans heurt pour ce petit être qu’on aime déjà plus que tout.

Et cet amour, n’est-il pas ce qu’il y a de plus animal en nous, de plus instinctif ? Prendre son bébé la première fois dans ses bras nous envahit, nous les mères, d’une émotion indescriptible. Ça y est, il est là, en bonne santé grâce à Dieu, et nous l’aimons, si fort, si fort ! On le sait, notre vie prend désormais un tournant, un sens en fait. Tout ce qui nous importe à présent est le bonheur de celui qui fait le nôtre. On a une responsabilité, celle de veiller sur un être magnifique et parfait à nos yeux. Une émotion particulière nous envahit lorsque l’on pose les yeux sur ce si petit mini-nous. On l’aime. Cet amour si fort nous donne des fois envie de pleurer, tellement il nous est incompréhensible, inattendu aussi. On ne sait pas expliquer ce bonheur à des femmes qui n’ont pas encore porté la vie. C’est trop fort. Il faut le vivre.

Et la nuit, alors que notre maison est plongée dans le silence le plus profond, et alors que tout le monde semble dormir, mes yeux à moi sont ouverts et je savoure pleinement le moment présent : mon fils est endormi, sa tête dans mon cou, et moi je respire son odeur de bébé. Je suis là, toujours comme un animal, à sniffer mon bébé comme une droguée. Ma drogue est saine, c’est mon fils. Et je l’avoue, je pourrais rester des heures ainsi…

Lorsque j’ai dû reprendre le travail, mon cœur de mère a été anéanti. Je ne voulais pas, mais je n’avais pas le choix. J’en voulais à la terre entière, et surtout à la société Française de ne pas respecter la nature, qui veut qu’un bébé soit avec sa mère. Les séparer est contre-nature. On n’écoute plus les besoins du bébé (ni de sa maman), on écoute seulement l’appel de l’argent. Et c’est triste. J’ai pleuré encore et encore : le matin en partant, la journée dans les toilettes, le soir tandis que ma petite famille dormait. L’animal que j’étais était en souffrance, on me forçait à être séparer d’une partie de moi…

Aujourd’hui, nous avons pris le rythme. Mon mini a déjà 14 mois passés, et tout se passe au mieux. Mais je continue à penser que sa place est auprès de moi. Personne ne pourra l’éduquer comme je le fais, car personne ne peut l’aimer comme je l’aime. Je suis sa mère, c’est la nature !

Des fois, en lisant certains témoignages de mamans qui pensent plus à leur propre confort qu’à celui de leurs enfants, je suis profondément outrée. Loin de moi l’idée de juger qui que ce soit, on fait toutes au mieux en général, mais certaines … Certaines rejettent complètement leur part animale, pour rentrer dans le moule de notre société de consommation. Elles ne voient pas plus loin que leurs propres envies, au détriment des besoins « primaires » de leurs enfants. Ainsi, un bébé qui pleure des heures durant, ce n’est pas grave, on le « règle », peu importe s’il a besoin d’être rassuré. Le plus important devient alors notre sommeil…
J’ai horreur de juger, mais quand certaines pratiques me choquent…je le dis. Comment une mère, ayant porté 9 mois son enfant, peut-elle s’oublier à ce point ? Car pour moi, au-delà du fait évident que l’enfant est oublié, la maman s’est oubliée elle-même, s’est perdue dans les abîmes de cette société qui a décrété que son bien-être était le plus important, qu’elle était une femme avant d’être une mère (la blague : toute maman le dira, la place de maman devient ce qu’il y a de plus important en nous, et c’est une fierté !). Alors, elle a oublié… oublié qu’elle a donné la vie, que sa vie a pris du sens grâce à son bébé, et que si elle s’écoutait un petit peu, si elle faisait confiance à son instinct animal, alors elle placerait son enfant au-dessus de tout, au-dessus d’elle-même surtout. Elle l’écouterait avec la plus grande des attentions, et le rassurerait à chaque fois qu’il en aurait besoin, sans compter les heures de sommeil manquées pour le câliner, le rassurer, le nourrir et surtout pour l’aimer.

Etre une « maman nature », ce n’est pas se prétendre parfaite, c’est juste être capable de s’écouter, de se faire confiance  et de faire confiance à son bébé pour répondre à tous ses besoins d’animal, sans se poser de questions  d’humain .

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