Lettre à ma coiffeuse

Chère coiffeuse,

Ce matin, je me suis réveillée avec cette envie de changer de tête.
Avec toutes les mauvaises nouvelles entendues aux infos ces derniers temps, j’avais ce besoin irrépressible de renouveau, de couleurs, de joie…et de ravalement de façade.

Alors je suis venue te voir, pour une couleur, une « petite » coupe, et un brushing. Rien de bien fou…

Chère coiffeuse, c’est à 10h pétantes que j’ai ouvert les portes de ton salon. J’avais hâte de me faire chouchouter entre tes doigts de fée.
C’est toi qui m’a accueilli. Je t’ai observée…et j’ai eu un petit peu peur. Tes cheveux….une touffe rêche, rose bonbon tenue dans un chignon désordonné.
J’ai hésité. Devais-je sortir en courant?

Chère coiffeuse, ma mère m’a toujours appris qu’il fallait vaincre ses peurs et ne pas se fier à l’apparence. Après tout, c’était ton look, et moi, je savais ce que je voulais. Je n’avais qu’à te décrire précisément mon désir, te montrer des photos, et le tour était joué : tu n’aurais plus qu’à faire ton travail.

Tu m’as installée pour me laver les cheveux. Non sans mal, tu as enlevé la pince qui tenait mes longs cheveux bouclés, et tu as allumé l’eau.
Elle était brûlante ! Tu as finalement réussi à trouver la bonne température.
J’ai fermé les yeux, ravie que mon massage capillaire puisse commencer.

 

Chère coiffeuse, ouvrons une petite parenthèse : connais-tu la définition du mot « douceur »?
La voici : Qualité de ce qui est doux ; agréable, sans heurts.
Au nom de tous les crânes chevelus qui passeront entre tes mains, applique maintenant de façon concrète cette définition. A-GRÉ-ABLE… Cela veut dire que nous ne sommes pas ton enfant, à qui tu peux frotter la tête vigoureusement ! Nous sommes tes clientes et on veut quoi ? Allez, toutes en chœur : DE LA DOU-CEUR, du love, de la détente. Donne-nous de la tendresse, quoi !

Fin de la parenthèse.

 

Ensuite, nous avons bougé de place, pour que tu me poses ma couleur.

Coiffeuse, Tu as inspecté mes cheveux, et répété ô combien ils étaient abîmés. Mais espèce de grosse ****, pourquoi je viens chez le coiffeur à ton avis ? Le médecin dit-il à son patient « oh mais vous êtes malade, ça m’étonne de vous voir ici ! » ? Bolosse.

Puis-je me permettre une nouvelle parenthèse ? Allez, soyons fous :
Encore une fois, en chœur, chantez avec moi : que veut-on ? du RÉ-CON-FORT ! On le sait qu’on aura jamais la tête à Beyoncé, à moins de se faire poser des extensions hors de prix, et d’investir dans la chirurgie plastique. Mais on te demande quoi ? de l’A-MOUR baby !

Fin de cette seconde parenthèse.

 

J’ai dû te montrer une dizaine de photos différentes, histoire d’être sûre que l’on soit en phase toi et moi.
Je voulais juste un p*** de caramel choco glacé avec reflets miel ananas fruits de la passion et une petite touche d’acajou-pas-trop-acajou-mais-acajou-quand-même sur les pointes. T’ai-je demandé la lune ?

 

Tu as fait ton mélange et déposé sur ma tête la teinture tout juste préparée. Enroulée d’aluminium (si mon mari était dans le coin, il aurait pu divorcer pour « tromperie sur la marchandise », mais c’est un autre sujet), j’ai attendu.
Attendu….attendu…attendu…encore et encore. Puis mon crâne a commencé à me picoter. Puis mon crâne a fini par me brûler. Je prenais feu. Le miroir n’était pas devant moi, mais je suis persuadée que de la fumée s’échappait de moi. Certes, mon intelligence est au-dessus du lot et n’a d’égal que ma modestie, mais je ne crois pas que c’était mon cerveau qui fumait à ce point.
Et toi, chère coiffeuse, c’était la moquette que tu avais manifestement fumée, au point de me laisser ce produit chimique bien trop longtemps.

A la hâte, et sous mes cris, tu m’as vite lavé les cheveux.
Et… Ô stupeur… j’étais blonde platine. Si j’avais pu, je t’aurais étripé sur place, et t’aurais fait bouffer les cheveux par terre, çà et là. Je t’aurais ligotée avec un chouchou géant et brûlé à coup de lisseur. Oui, j’ai imaginé cette scène plusieurs fois. Mais je n’en ai rien fait. #j’aiPasLePhysiquePourMeBattre.
Si j’en avais eu le courage, je t’aurais insultée. #MaisJeSuisTropUneTapetteMoiEnVrai

 

Je suis partie en courant du salon. Les gens me regardaient bizarrement dehors, comme si une lionne blonde s’était enfuie de son zoo.

 

Chère coiffeuse, mon mari n’a pas divorcé…pire..il a ri.

 

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